Radio La Benevolencija

 

Il y a des rencontres qui changent une vie.
Et des missions qui éclairent tout un parcours.

Lorsque j’ai accepté, en 2016, de devenir chef de mission et directeur pays pour La Benevolencija Grands Lacs, je ne savais pas encore que je vivrais l’une des aventures humaines et professionnelles les plus intenses et les plus significatives de mon existence.

Basé à Bukavu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, j’ai collaboré pendant deux ans avec une équipe exceptionnelle, engagée corps et âme dans la prévention des violences, la reconstruction du lien social, et la diffusion de la paix à travers la parole. Georges Weiss, fondateur visionnaire, m’a confié cette mission. Aux côtés de Johan Deflanders et de Nielsen Witanene, j’ai pu donner forme et souffle à une action rare, enracinée dans les besoins profonds des populations.

La Benevolencija, « Bienveillance » en espagnol médiéval, porte bien son nom. C’est une organisation qui ne vient pas « aider » depuis l’extérieur, mais qui œuvre avec et par les communautés elles-mêmes. Elle fait le pari de la conscience, de l’éducation populaire, du dialogue réel, dans des contextes souvent fragiles, blessés, mais profondément vivants.

Pendant deux ans, nous avons réalisé des feuilletons radiophoniques, des débats communautaires, des magazines éducatifs, des pièces de théâtre participatif mises en scène par Frédérique Lecomte, des formations, des collège tours, des Focus Groups, des réponses d’urgence, et tant d’autres formes créatives et sensibles. Chaque activité portait en elle les graines du changement : Connaissance – Attitudes – Pratique. Trois mots simples. Trois ponts vers un monde plus juste.

 

Et à travers tout cela, une conviction :

La paix ne se décrète pas. Elle se raconte. Elle s’écoute. Elle se construit, patiemment, à travers les mots, les regards, les gestes.
Elle naît dans le cœur des gens, quand ils se sentent vus, entendus, reconnus.

Une archive vivante
Ce texte est une trace, un hommage, un souvenir vivant.
Il ne vise ni à convaincre, ni à briller. Il est là pour témoigner.

Pour dire que oui, au cœur d’un monde parfois fracturé, des femmes et des hommes s’engagent. Qu’ils osent créer, éduquer, relier, malgré les doutes, malgré les risques.
Que la radio, loin d’être un simple média, peut devenir un instrument de réconciliation, de guérison, et parfois… de résurrection.

Aujourd’hui, je regarde cette mission avec émotion et gratitude.
Pas comme une page qui se tourne, mais comme une graine qui continue de pousser quelque part… dans les ondes, les cœurs, les idées.

Car la paix, ce n’est pas seulement le silence des armes.
C’est aussi le chant des voix qui se retrouvent,
le souffle des histoires partagées,
et le bonheur simple de dire :

“Nous l’avons fait. Et c’était beau.”

Merci à toutes celles et ceux qui m’ont accompagné.
Merci à La Benevolencija, pour avoir incarné si haut l’exigence de l’humanisme.
Et à Bukavu, cette ville magnifique au bord du Kivu, pour m’avoir accueilli comme un frère.

Pour que jamais nous n’oublions.
Pour que toujours, la bienveillance soit notre boussole.

Pascal Fleury – Intermediaprod
Radio de la paix, radio des cœurs, radio des peuples.

Ce film a été réalisé dans le cadre de mes activités en République Démocratique du Congo, en collaboration avec la Fondation Milondola, pour valoriser un projet soutenu par la coopération suisse.